- 20 Janvier : Lever aux aurores. Petit déjeuner tous ensemble dans un café sympa où la proprio nous offre même des bananes avec le thé lui aussi offert. On part à peu près à l’heure après s’être acquittés du prix du circuit (resté à 130000 kips bien que nous soyons simplement que nous sept), et s’être inscrits pour les autorités.

      Direction un des sites de la plaine des Jarres (site n°1), où se trouve la plus grosse qui pèse plus de 6 tonnes (king jar, celle devant laquelle on prend la pause tous ensemble), à moins de 10 km de la ville.

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      C’est plus en hauteur et sous le brouillard quand on visite la première partie du site. Le chemin est balisé par des balises rouges et blanches de chaque côté du chemin, posées par la société de déminage, montrant que l’on peut marcher sans danger. Nous avons droit de la part de « Mee », notre guide, aux deux versions de l’histoire : construites par des géants afin d’y conserver l’alcool de riz local (Lao-Lao) ou bien urnes funéraires car on retrouva dans certains sites des restes humains avec des bijoux et autres offrandes. Un peu plus loin sur la gauche en descendant on aperçoit des cratères laissés par les bombes américaines et un grotte que l’on visite qui est pourvue de trois cheminées où l’on cuisait des jarres. On continue sur le site où on peut apercevoir des jarres de différentes tailles ainsi qu’une qui a un couvercle et d’autres qui ont été en partie détruites par les bombardements massifs dans cette région.

      On reste en tout une grosse heure sur le site. On reprend la route vers Luang Prabang et une route sur la droite au bord de laquelle il y a un ancien tank russe à l’abandon. Puis on continue dans la même direction jusqu’à un bout de campagne où on attaque de se balader à pied pour découvrir, outre les cratères de bombes, des objets non explosés disséminés un peu partout dans la nature et balisés par de la peinture bleue. Des mini-bombes de bombes à fragmentation, des petits obus, des éclats, tout ça à l’air libre et potentiellement dangereux. Le guide nous raconte que dans l’école où il était ils ont trouvé dans la terre battue qu’était le sol de l’école trois petites bombes qu’ils ont du faire éliminer.

      Ensuite on va vers un village au bord d’un lac où on va manger. Sur une terrasse à l’ombre on a droit à une bonne soupe (pas un bol, un saladier) et du thé. On repart ensuite sur une petite route pour aller voir des grottes. Une fut un hôpital ou des gens étaient soignés pendant la guerre et possède des peintures vieilles comme le buddha à l’entrée de la grotte (700 ans environ). Au niveau géologique on retrouve des formations calcaires rappelant celles de l’aven Armand brillantes de mille feux et des statues creusées à même la roche et vénérées par les locaux. Après avoir vu l’ensemble de la grotte le guide nous propose d’emprunter un chemin plus aventureux pour revenir. On le suit avec Patrik le suédois et Joe l’anglais dans les entrailles de la Terre, de plus en plus petites au fil du temps. En fait au bout de quelques mètres on doit passer à deux reprises en rampant, façon armée de Terre, dans des passages de même pas 60 cm de diamètre. On ressort de la grotte enfin où les autres nous attendent et nous voient arriver tous poussiéreux de notre expédition. On prend une photo pour immortaliser le moment.

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      Ensuite on va dans une autre grotte à quelques marches d’escalier de là où se trouvait la réserve de médicaments de l’époque et où résident encore des milliers de flacons de morphine vides, quelques seringues et des boites de rations alimentaires. Moins sportif que la première mais très bizarre comme endroit.

     On reprend la route ensuite vers des habitations prés d’une piste qui fut à l’époque une piste d’atterrissage pendant la guerre du Vietnam. Ces poulaillers ont comme piliers des obus coupés en deux sur leur longueur. On prend ensuite une autre piste plus cahoteuse et on attaque de monter vraiment dans la montagne vers 1500 m d’altitude vers une carrière, un endroit où étaient fabriquées certaines des jarres présentes sur les divers sites de la Plaine des Jarres. On est en pleine forêt au dessus d’un village Hmong, en plein air, il y a des pins ici et ils récoltent la sève et la vendent en Chine. En redescendant on s’arrête en haut du village et on rencontre des enfants dont on fait des photos. Quand on leur montre les photos ils sont morts de rire puis de suite après ils refont la moue et ont un visage très fermé. C’est un peu remuant pour revenir et assez long, près d’une heure et demi, mais on a fait un beau circuit et tout le monde est content.

      Arrivés à destination il est pile 17h comme prévu. On regarde ensuite un film qui a été coproduit avec Arte au sujet de la guerre secrète qui a eu lieu au Laos et qui explique pourquoi la zone de la plaine des jarres a été autant bombardée. Le père du gars qui nous a vendu le circuit apparaît dans ce film car, ayant appartenu à l’armée il a pu faire rentré les journalistes dans une zone encore interdite, sous escorte quand même. En fait la C.I.A. a installé une base stratégique ici avant la guerre au Vietnam et sous couvert d’une action humanitaire a recruté des Laos, de la communauté Hmong pour la plupart, et des Thaï à entrer en guerre contre le communisme venant de Chine et pouvant venir du Vietnam. Pendant la guerre cette zone où il y avait une poussée communiste a donc été bombardée à grande ampleur et, le documentaire explique, les américains y ont déversé plus que ce qui a été déversé en Allemagne et au Japon pendant la 2nde guerre mondiale. Ce qui explique la société de déminage qui travaille sans relâche depuis et a seulement débarrassé le pays d’un pour cent de ses engins explosifs.

      Bref à la fin du film on est étonné de n’avoir jamais rien su de tout ça et un peu grogguis par ce qu’on vient de voir. Après ça on va quand même se faire un resto. On rentre tôt et on se fait une session visionnage de photos de Jarres dans la chambre à Mathew et Patrik. Couchés tôt pour prendre le minibus à nouveau à 8h30 le lendemain.